Un peu de mon histoire...
Mon péché le plus grave ? Je suis gourmet !
Eh oui...lorsque je sème une graine de chou ou de navet, je salive déjà en imaginant le pot-au-feu dont Anne Sophie mon épouse a le secret. Je me réjouis pour mes enfants qui raffolent des carottes que nous n'aurons que la peine de rincer à l'eau de la source.
Mais pourquoi donc en bio ?
Parce que pendant 10 ans, j'ai tout d'abord vécu dans une région de grandes cultures céréalières, et que l'excès de traitements chimiques, dans mon proche voisinage, nous empêchait de boire autre chose que "l'eau de la ville".
Et puis, de rencontres en rencontres, j'ai découvert le milieu de l'écologie, riche de personnes généreuses, ouvertes et pour lesquelles, la solidarité entre paysans n'est pas un vain mot. C'est un nouvel état d'esprit auquel je me suis peu à peu converti, et j'ai réalisé que cela correspondait exactement avec mes propres convictions, chrétiennes et humanistes. La nature est un tel don !
A l'expérience, il n'est pas plus difficile de cultiver un potager en bio, dès lors que l'on est rigoureux et très observateur.
Les légumes offrent l'incroyable chance d'être très variés, il est donc possible de les faire "tourner" en ne cultivant pas, d'une fois sur l'autre, un même légume à la même place.
Cette rotation est la base du secret. Une carotte ira chercher sa nourriture profondément, quand une salade se contentera des couches superficielles du sol. Chaque légume rend à la terre une substance, et des sucs différents. Un micro système équilibré s'installe rapidement, et il n'est pas besoin de poisons chimiques pour aider les légumes à se défendre.
Le voisinage entre légumes est important aussi. Sait-on que le poireau se trouve ravi au voisinage des fraisiers, ou l'aubergine auprès du haricot ? C'est tout un monde que l'on apprend à découvrir, et l'on ne cesse de s'émerveiller.
Comment fait-on pour tenir nos prix ?
En étant très professionnels techniquement, nous parvenons à des rendements satisfaisants, même s'ils restent bien sûr inférieurs à ceux qui usent de produits chimiques.
Nous sommes très bien outillés, pour préparer la terre, semer, et désherber en temps voulu.
Et même si la main d'œuvre est plus importante, en coût, dans un potager bio, notre système de vente directe permet l'économie d'intermédiaires qui finalement, rattrape les prix, au grand bonheur de nos clients.
Entraide et coups de mains
Un des secrets de la réussite, c'est l'entraide !
Voilà pourquoi avec Bruno Larose et Gaëlle Fauconnet (maraîchers à Peyrilhac et à Saint Brice sur Vienne), nous nous retrouvons souvent pour des coups de mains, dans la bonne humeur obligatoirement !
L'hiver, nous produisons ensemble nos plants, sous le tunnel chauffé de Bruno. On a retrouvé un bon vieux poëlle à bois : tout ressert, rien ne se perd !
Un super outil de travail
Le jardin m’offre la chance d’avoir été travaillé jusqu’en 1983, du temps des jardiniers de la famille. Maurice Voilier, René Prévéreaud, Jean Savignat...ce sont les noms dont mon enfance se souvient.
Il est arrosé par une eau très pure, d’une source qui s’écoule depuis les Monts de Blond voisins.
Je cultive environ 15000 m² de légumes en pleine terre, et je viens de construire une serre magnifique de 1200 m² dont les nombreux ouvrants assurent à mes primeurs, une atmosphère idéalement acclimatée.
J'ai la chance d'avoir pu réunir assez de matériel spécialisé, pour travailler efficacement : cultirateau, brûleur thermique, bineuse mécanique, semoir de précision, lame souleveuse, planteuse...
L’élevage familial, tout proche, me permet de disposer d’un merveilleux compost à base de fumier bovin. De quoi ravir mes petits légumes, qui nous le rendent bien !

